Comment j’ai accepté mon diagnostic

C’est difficile écrire un article comme celui-ci. Je vais vous l’avouer: ça fait des semaines que ce titre est en brouillon sans aucun contenu. Oui, c’est un sujet difficile. Sauf que c’est pas ça qui bogue. Pour parler de la santé mentale, il faut se laisser glisser dans un endroit un peu plus lourd; plus sombre. Quand ta journée est super le fun, ben, t’as comme pas le goût.

Et c’est bon signe, ça. Trop de fun.

Mais aujourd’hui, dans Journal d’une princesse Peach, là où j’écris tout et rien, je vais vous parler de mon diagnostic. Pas seulement de ce qu’il est, mais comment j’ai réussi à l’aimer…Yup! Vous avez bien lu. Weird huh?

Un peu de background: mes troubles de santé ont commencés il n’y a pas si longtemps que ça. J’ai toujours été pas mal stressée comme personne, mais libre. I’m a free bitch, baby. Indépendante, un peu marginale et pas du tout suiveuse. Alors côté social, ça allait bien, quand même. Je m’attendais donc jamais un jour à devenir une personne avec un trouble anxieux. Genre, jamais. 

Je vais vous épargner une longue histoire en vous disant simplement que mon trouble anxieux est sorti de nulle part. J’étais dans le métro, ben rélaxe, et j’ai eu une crise d’angoisse pour la première fois. Je n’ai pas simplement capoté…j’ai fait une crise. Je croyais que les mots «panique» et «angoisse» étaient que des qualificatifs d’un état stressé. Je croyais que ça se manifestait dans la tête, sans plus. Mais non, c’est une expérience physique. Les symptômes? Accélération du rythme cardiaque, pâleur, tremblements, transpiration, sensation d’étouffement ou d’étranglement, douleurs thoraciques, nausées, douleurs abdominales, vertiges et maux de tête. Oui, tout ça. D’un coup, ça fesse. Vu que je ne connaissais pas ce sentiment, je pensais que j’étais tout simplement en train de tomber malade. Mais, cette première crise allait me causer beaucoup de problèmes, et se transformer en 3, 4, 5, 6, 7 crises aussi intenses…à tous les jours.

J’ai ensuite consulté. Partout. J’ai rencontré 72088 docteurs et personne ne semblait être capable de m’aider. Je me sentais pitchée d’un bord et de l’autre. Je prenais des sédatifs à tous les jours pour pouvoir me rendre au travail. J’étais une vraie zombie. Je ne sentais plus rien sauf des moments de terreur. C’est l’fun hein? NON!

Après beaucoup de temps, j’ai rencontré un docteur qui m’a beaucoup aidé. Il m’a dit, « tu sais, ton anxiété n’est pas bizarre. Elle n’est pas spéciale et elle ne sort pas de l’ordinaire. Il y a beaucoup de gens comme toi, et beaucoup de façons de t’en sortir. Sauf que pour t’en sortir, il faut savoir exactement c’est quoi qui cause tout ça. » Ces quelques mots m’ont donné beaucoup d’espoir. Enfin, je me sentais pas weird! Il m’a donné le numéro de la Clinique CBT et il m’a dit d’aller me chercher un vrai diagnostic, avec LA BONNE THÉRAPIE et LES BONS MÉDICAMENTS.

J’ai été diagnostiquée: trouble d’anxiété avec agoraphobie, accéléré par un TSPT. Stress post-traumatique à cause que ma première crise m’a littéralement traumatisée, entourée de gens qui me regardaient croche (selon ma perception). Et c’est avec cette étude de moi-même que j’ai pu comprendre le pourquoi et le comment de ma maladie et la traiter pour ce qu’elle est réellement. Le diagnostic, c’est important. Comme ça, votre médecin pourra, si vous le voulez, vous prescrire les bons médicaments et suivre une thérapie bien plus profonde que de simplement parler des choses qui se passent dans ma journée.

La thérapie d’approche cognitivo-comportementale de la clinique CBT m’a beaucoup aidé. J’ai pu enfin dire à ma doc de famille «Voici ce que j’ai. ». Mes médicaments ont été ajustés et ma thérapie a été littéralement formée pour mes besoins. Un moule juste pour moi. Je n’étais pas couchée sur un divan pour raconter mon enfance. Non, j’avais des devoirs à faire, des analyses à apporter et des résultats à travailler. Tout ça, parce que je connaissais mon diagnostic.

Sans cette connaissance, je me trouverais simplement folle. Désespérée. Seule. Gossante. Lourde. Plate. Maintenant, je me connais mieux que jamais. Mes limites, mes besoins, mes espoirs. Les gens que je garde dans ma vie, et ceux que je laisse. Cette connaissance de ne jamais vouloir changer pour plaire à quelqu’un, mais de vouloir évoluer comme personne…pour moi-même.

Je ne peux pas vous dire qu’il n’y a pas eu des moments difficiles pour accepter tout ça. Souvent, encore, j’ai des moments de frustration. Mais je me rappelle le soulagement de simplement savoir. 

 Courage. T’es pas weird.